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 Blood in the snow or peace with the murderous lion ; choose your destiny

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MessageSujet: Blood in the snow or peace with the murderous lion ; choose your destiny   Mar 12 Juin - 5:52






*
« Regardez, c'est Lord Reyne ! » - La même exclamation parcourait fébrilement les allées du campement. Les soldats occupés à leurs tâches habituelles se redressaient ou sortaient de leurs habitats de fortune pour tenter de l'apercevoir. Suivi d'une dizaine de ses guerriers, Cylas empruntait la voie centrale. Le terrain boueux à force de pluie et de passages rendait la progression des chevaux lente. Il eut ainsi le temps de saluer les troupes qui grâce à sa venue reprenaient courage. Le Roi Maekar Raleigh avait été malencontreusement touché par une flèche et nécessitait de garder le lit pour le moment. La blessure mettrait du temps à guérir mais il s'en sortirait. Pour son âge, sa résistance exceptionnelle forçait le respect. En tout cas, on avait frôlé la catastrophe. Le général descendit de sa monture puis alla dans la tente préparée à son effet pour se rafraîchir. Une fois à l'intérieur, son charismatique sourire s'effaça pour laisser place à l'émotion bouillonnant dans ses veines : la colère. Il avait chevauché nuit et jour dès la réception du message d'urgence de son suzerain le priant de venir en Farelden. Une rencontre avec les Blackrain pour mettre au clair leur capitulation était impérative, et le Roi en étant temporairement incapable, il n'y avait que Cylas qui fut apte à cette charge. Le prince héritier ne devait sous aucun prétexte quitter les terres d'Haldreïn qu'il régentait en l'absence de son père, au cas où une attaque d'une des fourbes royautés du continent se produirait. Les Heyward, ces traîtres sournois en seraient bien capables. Quant au second fils Raleigh, il était juste capable de tenir une épée sans que l'alcool dont il était en permanence imbibé ne lui fasse prononcer des âneries. L'imaginer discuter avec leurs adversaires aurait été un spectacle que Cylas dans d'autres circonstances ne raterait pour rien au monde. Il y avait bien le prince Allistair, un élément prometteur, mais ce n'était qu'un jeune lion dont la bravoure au combat semblait innée, la négociation pas du tout. Ils ne pouvaient pas tout de même envoyer un gamin pour accomplir une telle tâche.
D'humeur exécrable, Cylas changea ses vêtements salis par le voyage en grelottant. Ce maudit pays le glaçait jusqu'aux os, toute cette neige et ce mauvais temps le plongeaient dans une profonde déprime en plus de son mécontentement. Jamais il n'aurait du quitter Sheheron. Il s'en mordait les doigts à chaque instant. Il était sur le point de réaliser ses ambitions jusqu'à ce qu'on le rappelle sur ce damné front. Son absence laissait un délai aux insulaires, une opportunité pour planifier leur révolte. Évidement les gens, même des sauvages, résistaient toujours aux choses nouvelles avant de comprendre que l'on agissait pour leur bien. Pire encore, ceux-ci penseraient que Cylas avait abandonné le combat pour s'enfuir du territoire. Les problèmes ne cessaient jamais de s'accumuler... Il accordait peu de confiance au commandant sur place, non pas par son manque de loyauté mais par son fâcheux penchant à l’inefficacité. Bref, les pensées de Cylas se tourmentaient inlassablement à propos de la précieuse île ; il aurait donné n'importe quoi pour s'y trouver. Faire acte de présence ici dans cette contrée glacée était une contrainte insupportable. Il repartirait dès la fin de l'entrevue avec les Blackrain. L'appel de l'île harcelait son être avec entêtement.
Il réprimanda sèchement l'aide de camp qui lui amenait un généreux repas. Certes il avait besoin de forces mais ce n'était pas lui qui se battait directement dans le sang et la sueur contre l'ennemi ! Il en fit renvoyer la moitié avec agacement. Il n'était vraiment pas aidé... Pas un seul homme digne de confiance dans ce monde ne paraissait avoir une once de bon sens ! Des hauts-gradés de l'armée s'agglutinaient devant sa tente pour le presser de discuter stratégie et plans d'attaque. Ils oubliaient que Cylas n'était pas du tout là pour ça. Peu disposé à quoi que ce soit du genre de par sa mauvaise humeur, il les ignora et se dirigea vers la tente royale. La seule qui méritait son attention. Son inquiétude pour le Roi effaçait un peu sa rancœur. Il ne pouvait le nier, lorsqu'il avait appris la nouvelle de sa blessure, l'affolement avait mis à rude épreuve les nerfs de Cylas. Son maitre qu'il respectait plus que tout n'était pas que son suzerain, mais avant tout un ami de longue date. Un double positif de son père, que le diable tourmente son esprit à celui-là. Le froid ambiant mordit sa peau habituée au soleil de Sheheron. Maudits soient les esprits de glace de cette région...
*

La lumière déclinante du crépuscule annonçait déjà les prémices d'une sombre nuit lorsque Cylas sortit du pavillon royal. Des regards de curiosité accompagnaient sa silhouette. Personne n'avait assisté à leurs retrouvailles. Les propos qu'ils s'étaient tenus relevaient du secret, sur lequel on aimait spéculer. L'air soucieux, le conseiller regagna ses quartiers. L'état de Maekar n'était plus préoccupant, son corps requérait juste du repos. Ils avaient échangé leurs nouvelles et inquiétudes, se parlant d'homme à homme sans se soucier du rang. Cylas était l'un des rares en dehors de la famille royale à pouvoir s'adresser à lui sans crainte. Ce qu'il avait entendu ne lui plaisait pas du tout. Prendre conscience de son erreur de croire les Blackrain déjà vaincus changeait ses plans. Il n'aurait pas simplement à faire signer des accords de pacifique soumission comme il s'y attendait. En vérité l'aigle agonisant résistait encore. Il comprenait mieux à présent pourquoi le Roi exigeait sa présence. La rencontre avec l'ennemi risquait d'être une négociation impitoyable, une étape décisive pour l'avenir des deux royaumes qui ne pouvait attendre le rétablissement du Roi. Se tournant vers le subalterne à ses côtés, une petite mise au point s'imposait. « Qui était en charge de la garde royale au moment où le Roi a été blessé ? » L'autre, pris au dépourvu, balbutia : « Mais Monseigneur vous savez bien que c'est son éminence le prince qui... » Cylas le foudroya du regard. « Imbécile, je sais très bien qui est le chef officiel de la garde, mais je ne suis pas non plus sans savoir qu'il y a une chance sur deux pour qu'il fut en train de cuver son vin ! Alors, qui le remplaçait ?! Fais le venir ! » L'homme s’exécuta en s'inclinant puis fila. Le général avait quelques comptes à régler avec l'inconscient chargé de protéger le Roi. Il avait échoué, faisant trembler le royaume d'Haldreïn. Et cela méritait largement une punition. Cylas y veillerait... Personnellement.

*
Aux pieds de Noirpalais, la marée rouge de l'armée Raleigh tâchait le paysage parsemé de neige immaculée. Le grand campement était à présent loin dans le dos de l'émissaire du lion. Il pressa son cheval au trot pour atteindre l'entrée de la citadelle. Le son des cors alertait les Blackrain de sa venue impromptue. Le jour s'était à peine levé, mais il n'avait pas de temps à perdre, quitte à arracher le Roi ennemi du lit. Les gardes s'arrêtèrent à cinquante mètres du seuil de la forteresse, le laissant continuer seul. Maintenant, tout reposait sur ses épaules. Cylas toujours d'humeur maussade n'était pas enclin aux pirouettes diplomatiques, il accomplirait son devoir vite et bien. De toute manière, il était en position de force, jamais il n'aurait supposé que l'issue de la discussion ne soit pas sienne. Il posa pied à terre et aussitôt des hommes vinrent l’accueillir un peu agités d'être si proches d'une des causes de leur malheur. Cylas leva les yeux au ciel lorsqu'il fut vulgairement fouillé pour qu'on s'assure qu'il ne tenterait rien à l'intérieur de l’enceinte. Il ne portait qu'une dague dont s'était saisi un jeune soldat. Il remarqua la lueur d'incertitude et de rage que celui-ci posa sur l'arme. Il ne faisait aucun doute que son désir le plus cher fut de la planter dans le ventre du représentant Raleigh. Un sourire féroce sur le visage, Cylas le fixa avec défi. Il se pencha légèrement pour murmurer des mots qu'eux seuls purent entendre. « Si tu fais ce que tu as en tête sois certain que je reviendrais tourmenter ta pauvre âme jusqu'à ta mort ». Le jeune homme blêmit et s'écarta nerveusement. Entouré par des combattants attentifs, le général pénétra dans Noirpalais avec prestance. Dans ses yeux se lisaient le sentiment orgueilleux d'avancer en terrain conquis.
« Faites quérir le Roi ! L'émissaire Raleigh est venu en pourparlers ! »
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MessageSujet: Re: Blood in the snow or peace with the murderous lion ; choose your destiny   Mer 13 Juin - 19:16


Le fauve couronné s'en était venu l'occire à même sa couche ! Fieffé félon, ignominie parmi d'autres, une fin qui se larderait de toute son irascible résistance, jusqu'à ce que plus une larme d'hémoglobine ne flue en ses marbrures veineuses. Le Pheonix embrasse la mort pour mieux s'en repaître, de ses cendres ne résulte qu'une nouvelle genèse, et dans ce monde ou dans l'autre... Il jurait de tout son soûl que la vengeance serait sienne. L'insensée réflexion qui venait de traverser l'esprit d'Aaron à une allure éclair, le regard fou, le poitrail soulevé par une eurythmie déchainée et la dague toujours vigoureusement empoignée. Ainsi tiré de son sommeil, lui fallut-il quelques secondes pour se remettre et comprendre, que non, les Raleigh n'étaient pas encore parvenus jusqu'ici pour lui porter le baiser létal. Face à lui, sa propre chair, son fils cadet venu lui porter une importance actualité. Reghan observait de ses ronds calots la réaction de son pater, plus inquiet encore de le voir tant méfiant de la moindre présence à ses abords. Le jeune homme s'étonnait d'ailleurs que le roi eut pu s'assoupir en dépit de la pléthore de soucis qui le tenaillait depuis le début du siège. Alors que le sommeil l'avait enfin étreint, voilà que lui était contraint de lui annoncer la présence d'un chien en leur demeure. Cependant, il patienta que les palpitations et la nitescence de vésanie dans les prunelles de son géniteur ne s'amoindrissent, la lame fut lentement déposée sur les soieries et enfin, le monarque recouvrit ses esprits. Epuisé, il se massa longuement le faciès dans l'espoir d'émerger, victime de mauvais songe et d'une appréhension silencieuse mais existante. Prétendre que la crainte d'une issue fatale ne le tarabustait point aurait été mentir, il se voilait simplement de sa superbe par pudicité, puis, pour ne pas laisser le désespoir gagner sa famille et ses sujets. Le poids de la contrée reposait sur ses épaules, l'expectative de tout un peuple et leur piété envers leur dirigeant. Plus que la figure héraldique de sa maison, l'Aigle était le symbole du grand Nord, pour l'heure captif de sa geôle glacée, son essor serait le présage d'une ère somme toute nouvelle.

Puis tomba l'impudence adverse, l'impromptue venue d'un héraut dont le dessein n'était que leur couper les ailes. Aaron engloutit les paroles de son fils, s'ensuivit une succincte mesure de la situation et de la bonne attitude à adopter. Un instant de flottement qui ne dura que peu, il s'extirpa de la chaleur de ses couvertures pour mieux se vêtir d'une épaisse pèlerine qui le garderait de la froidure ambiante – une atmosphère à laquelle il devenait malgré lui sensible, cause première de la fatigue et d'une alimentation lacunaire. Il se rendait malade de tant d'impuissance en sa propre patrie, son teint blême ajusté de cernes en témoignait irréfutablement. Soucieux, la santé du roi connaissait une forte baisse de vitalité que ses proches ne pouvaient qu'observer sans plausibilité d'y pallier. Syanna s'y était essayée, en vain, abdiquant face à l'opiniâtreté congénitale de son époux qui s'estimait suffisamment endurant – se surestimait peut-être. L'âge n'aidant pas, la kyrielle des années avait fait son office sur sa carcasse, pour autant, à l'instar des montagnes qui bigarraient leur paysage, il ne fléchissait pas. Courber l'échine était une perspective ô combien impossible, tant inconcevable qu'il refusait même que l'idée lui soit soumise. Maekar devait probablement s'en douter, celui qu'il avait acculé à même l'intérieur de son logis ne céderait jamais et pour rien. Quand bien même, voilà qu'il lui avait tout de même envoyé l'un de ses factotums les visiter. Quelle était donc la stratégie menée de front ? Voulait-il seulement se renseigner quant à la stabilité psychologique de son rival et de l'ensemble de Noirpalais ? Estimait à combien de temps durerait encore ce jeu de grands ? Parbleu, il ne lui ferait pas le plaisir de lui montrer ce qu'il désirait voir ou ouïr, la capitulation n'était pas dans ses éventualités de scénario et il ne se priverait pas le lui faire savoir, séance tenante.

Une fois remis de son bref repos, il s'engouffra dans les corridors de son palais et fut graduellement rejoint par quelques conseillers de guerre et sa garde rapprochée. Quelques sommations en cours de route, que tous les membres Blackrain soient tenus à l'écart du conciliabule qui se préparait, mieux valait jouer la carte de la prudence en de telles circonstances. Mille conjectures lui furent offertes par les quidams qui le talonnaient de prés, notamment sur le discours que l'émissaire tiendrait et les conditions qu'il tenterait certainement d'imposer tel l'éhonté qu'il était. Ne prêtant nullement l'oreille à ces racontars, le souverain aboutit bientôt dans le hall qui accueillait en cet instant bien plus de sentinelles aux oeillades meurtrières qu'à l'accoutumée. Tous tournés en direction de l'intrus dont ils se retenaient de châtier comme il se serait dut, ils s'écartèrent sur le chemin du haut placé qui s'immobilisa à un mètre du général. Le temps sembla s'arrêter alors qu'Aaron prit connaissance de son identité, néanmoins, l'air condescendant dont l'homme se drapait ne fut diamétralement pas du goût du prince qui l'accompagnait. Pris d'une furia noire, Reghan dégaina son arme et fut prompt à avancer jusqu'au bâtard qui souillait sa vision, aussitôt stoppé par la main de son père.

« Il suffit ! »

« Père ! Laissez-moi lui ôter sa présomption, que j'accroche sa tête à votre trône ! »

« Silence, Reghan ! » Il se tourna vers lui. « Nous aurons tout loisir de lui faire ravaler sa gloriole le moment venu. Pour l'heure, lord Cylas est ici en tant que diplomate. »

« Diplomate ?!... Père ! »

« Nous nous devons de respecter les préceptes de guerre ! Il en va de notre honneur, fils ! N'agis pas avec l'ineptie à laquelle escompte le lion, tu ne ferais qu'entrer dans son jeu. » Il s'orienta finalement vers le soldat. « Suivez-moi. »

Sans plus attendre ou même vérifier qu'il était bel et bien suivi, le monarque prit route vers une autre aile de la forteresse, seulement entouré de ses cerbères personnels, lesquels il ordonna de patienter devant l'huis qu'il ouvrit. Il pénétra dans la pièce le premier, laissant le général en faire de même, tous deux ne se trouvant plus qu'en présence de l'autre. Cylas Reyne ? Evidemment, il le connaissait. Non pas dans une optique autre que superficielle, ils s'étaient par plusieurs fois rencontrés, avaient même échangé quelques courtoisies saupoudrées d'une certaine âpreté mutuelle. Ils étaient faits du même bois et de ce fait, pouvaient avoir grand peine à se supporter. Les aptitudes martiales et l'allégeance dont le sire faisait preuve lui furent moult fois louées, il savait avoir affaire à un quidam des plus résolus et emprunt d'aussi peu de patience que lui. Il savait ce qu'il voulait et favorisait la franchise à tout le reste, une réalité qui s'avérerait particulièrement problématique dans un cas comme celui-ci. La conversation s'annonçait tumultueuse, mais si Aaron s'était plu à respecter les conformités qui exemptaient le lord de tout imminent danger, rien ne lui assurait de repartir sur ses deux jambes. Le roi de Farelden n'était inéluctablement pas d'humeur à supporter quelconque bravade, et pourtant, il allait devoir réprimer son désir de l'occire sur le champ si son interlocuteur le provoquait – ce qu'il ferait sûrement. Misérable qu'il était.

« Sa Grâce a donc préféré m'envoyer son plus fidèle roquet que de me rencontrer lui-même. J'aurais dû m'en douter. » Auprès de la cheminée, il profita de la douceur de l'âtre embrasé tout en laissant sa sagacité s'exprimer. Il était fort étrange que Maekar ne se soit effectivement point déplacé... Les Wykeham ? Couards comme ils l'eurent toujours été, ces pauvres fous n'étaient que des pions parmi d'autres, qui se feraient évincés une fois leur tour venu. Peu lui chalait, il n'avait pas envie de s'encombrer de phraséologie qui ne mènerait à rien si ce n'était des contrariétés. Aucuns propos ne lui feraient changer d'opinion. « Je vais vous soulager de votre besogne, messire. » Il mut vers lui, le visage clos et le regard noir mais assuré. « Votre intervention est vaine, vous pouvez d'ores et déjà chasser votre fumet de ma demeure et vous en retourner aux pieds de votre maître. Je ne permettrai aucune reddition si ce n'est par l'estoc et la taille. Le Grand Nord ne ploiera pas. »

Cylas savait désormais à quel mur il allait se heurter, et les dieux savaient à quel point l'orgueil des Blackrain était réputée à travers les cinq royaumes.

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MessageSujet: Re: Blood in the snow or peace with the murderous lion ; choose your destiny   Ven 29 Juin - 6:38






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Le sourire narquois de Cylas provoqua de façon ostentatoire la fureur du prince Reghan Blackrain. Le jeune aigle n'avait qu'un souhait, celui de sauvagement l'assassiner. Sa frustration ravit l'émissaire Raleigh qui haussa les sourcils avec dédain. En tant que négociateur il était intouchable, et il comptait bien en profiter pour malmener les nerfs de ses ennemis. De toute manière il n'avait en aucun cas le choix d'adopter une autre attitude. Le camp adverse devait percevoir qui était le maître ici, alors il n'hésiterait pas à les chahuter un peu. Il commençait à avoir l'habitude de ce genre de regards de rage sur sa personne, entre Sheheron et le continent il n'avait jamais eu autant d'adversaires à son actif. Il rejeta un pan de sa cape couleur sang sur son épaule puis suivit le monarque jusqu'à une pièce dans un autre aile de la forteresse pour discuter seul à seul. L'endroit animé d'un feu ronronnant dans l'âtre réchauffa le représentant du lion. Il détestait ce pays. Il détestait ce froid, cette neige, ces gens. Et puis il haïssait ce Roi qui représentait tout ce qu'il n'était pas : la grandeur, la royauté . Une fois entrés, lord Reyne put mieux s’imprégner de son royal vis-à-vis. Il fut surpris de constater sa pâleur extrême, il n'avait vraiment pas bonne mine. Son visage plein de noblesse semblait avoir considérablement vieilli. Lui qui d'antan était pourtant un Roi plein de majesté et de vie... En fait, cela était plutôt bon signe pour le camp Raleigh. Au moins les deux souverains étaient sur un pied d'égalité au niveau de la santé. Sa lividité prouvait à quel point les gens de Denerim souffraient, car si l'autorité suprême elle-même se trouvait dans cet état, il n'osait imaginer celui de la populace. Pour le bien de son peuple, il céderait aux conditions imposées par Maekar Raleigh. Cylas savait qu'il était du genre à se sacrifier, donner sa vie pour son honneur et la justice ou une aberration du même style. Mais supporterait-il d'emporter dans la tombe sa famille et les habitants de Farelden ? Le général en doutait sérieusement. N'importe quel souverain se sentirait concerné par l'avenir de ses gens.
« Roi du Nord, je vous présente mes respects. Je me réjouissais de revenir en Farelden pour vous rendre visite mais je n'imaginais pas le faire sous une tente avec des archers constellant le ciel de leurs flèches. » Déclara t-il avec froideur.
Les paroles emplies de haine de Aaron Blackrain transpiraient l'agonie dont l'énergie du désespoir tente de se débattre avant de trépasser. Intéressant. Cylas n'en attendait pas moins de lui, évidemment il savait que la difficulté de leur échange houleux résiderait en la résistance de son ennemi. Celui-ci ne semblait pas du tout disposé à la négociation, pauvre fou qu'il était, et la tâche s'annonçait longue et pénible. Le conseiller royal ferait de son mieux pour écourter ses espoirs rebelles. Plus vite il aurait terminé, plus vite il serait de retour à Sheheron. Il eut d'ailleurs une brillante idée qui ferait certainement changer d'avis son vis-à-vis : Markus Blackrain. Celui-ci se trouvait en ce moment même sur l'île, les hommes de Cylas étant à sa poursuite, en qualité d'ambassadeur. S'il disait à son père qu'il était son otage, ce qui de toute façon ne saurait tarder, celui-ci réviserait son jugement. Il ne laisserait pas son fils se faire exécuter... Il ne parviendrait pas à supporter sa mort. Maintenant, le Roi devait faire un choix : la vie de milliers de personnes ou un petit acte d'humilité de sa part.
« Sa Grâce vous fera honneur de sa présence lorsque nous signerons les accords pacifiques entre nos deux pays. Pour l'instant il m'a envoyé pour vous faire part expressément de ses conditions. Je ne suis qu'un humble intermédiaire. »
Le fait que les Blackrain soient réputés pour leur sang chaud n'était pas une légende infondée. Cylas ne tiqua pas aux insultes de son adversaire car il n'ignorait pas la nature de l'homme à qui il avait affaire. Il s'agissait de quelqu'un de vif qui n'avait pas la langue dans sa poche. Le général sentit que son ennemi allait lui prendre la tête d'une façon phénoménale. Il se fit la réflexion hasardeuse que le monarque se serait bien entendu avec Warand Stakka, le chef militaire de l'île de Sheheron. En dépit de toute sa bonne volonté et de sa clémence envers la fureur justifiée de son ennemi, il trouvait vraiment dommage que le Roi réagisse si mal à sa présence. Après tout elle était son unique chance de sauver sa nation. Peu conciliant et sûrement devenu plus rude à cause de la pression du siège, Aaron ne ferait pas long feu. Mais pourquoi continuait-il à s'enfoncer dans son absurde aveuglement? Croyait-il être réellement en mesure de repousser les Raleigh ? Si c'était le cas Cylas ne doutait pas une seule seconde qu'il l'aurait fait bien plus tôt. Il devait se rendre à l'évidence et admettre sa faiblesse. Et puis on ne lui demandait pas la mer à boire, les conditions étaient tout à fait acceptables, ce n'était pas comme si on exigeait qu'il rampe dans tout le campement Raleigh en criant sa soumission ! Le général leva les yeux au ciel, agacé. Les gens ne se rendaient pas compte à quel point les Raleigh se montraient respectueux et bienveillants envers leurs ennemis.
« Je ne suis pas là pour vous demander de ployer le genou face à la puissance d'Haldreïn, mais plutôt pour vous rappeler que le bon sens impose votre royal discernement dans cette situation. N'avez vous pas prêté allégeance à votre pays, n'avez pas juré de protéger la population ? Pensez-vous accomplir votre devoir en les laissant mourir de faim ? Comme c'est pathétique... L'ombre fugace d'honneur qui vous guide, cette arrogance bornée va conduire votre royaume à sa perte. Vous ne pouvez me blâmer pour cela grand Roi »
Lui adressant un sourire amical, il esperait calmer quelque peu sa colère pour enfin commencer à discuter entre hommes adultes. Les gamineries pour prouver qu'ils se détestaient bel et bien étaient d'une futilité navrante. C'était toujours le même problème avec les Blackrain. A chaque fois qu'on devait négocier avec eux quelque chose de sérieux il fallait que leur honneur à outrance se manifeste théâtralement. On en aurait vu autant de jeunes chevaliers puceaux se pavanant devant les belles dames dans les tournois. Cylas regrettait amèrement son île de Sheheron et désirait plus que tout abréger ses propres souffrances en s'en allant le plus vite possible. Faisant quelques pas vers la cheminée pour être plus au chaud, il croisa les bras et adoucit sa voix pour s'adresser au Roi. Mais son irritation eut le dessus sur lui-même et se manifesta d'une manière cynique :
« Si vous avez la patience de m'accorder un peu du précieux temps qu'il vous reste, car visiblement la santé n'est pas au goût du jour, je souhaiterais vous expliquer la proposition de Maekar. Cela va t-il vous être supportable ou dois-je m'en aller et laisser l'armée du lion brûler votre forteresse ? »

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