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 Dark times ahead || Aaron

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LULLY ♛ I have never been nothing

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MessageSujet: Dark times ahead || Aaron   Dim 3 Juin - 18:28


Le sommeil de la reine de Farelden était fort agité ce soir-là. Il était rare qu’elle ait trop chaud entre les murs de Noirpalais, mais cette nuit le feu brûlait avec tant d’ardeur dans l’âtre, les fourrures pesaient si lourds sur son corps allongé que Syanna ruisselait de sueurs nocturnes.
Voilà donc tantôt qu’elle frissonnait ou bien qu’elle avait le sentiment de brûler sur place. Son cœur se mit à battre la chamade comme il lui semblait voir les flammes l’entourer, danser autour d’elle une ronde mortelle, irradier ses poumons, lécher sa peau et finalement la dévorer et l’engloutir toute entière. Ses muscles tressaillirent et la réveillèrent tout à fait.

Une silhouette se découpait dans le clair-obscur de la chambrée royale, le regard tourné vers le dehors. La silhouette du roi que le sommeil semblait fuir lui aussi. Syanna soupira devant la soudaine insomnie de son époux. Elle avait crû à un cauchemar, mais à chaque réveil la réalité revenait. Plus oppressante encore que la veille, plus étouffante sous le poids des ténèbres de la nuit. La reine glissa hors de ses draps, persuadée de ne pouvoir parvenir à trouver le repos d’ici les premières lueurs de l’aube. Le contact de ses pieds nus sur les dalles gelées lui fut des plus agréables. Elle avança sans bruit, à peine suivie du léger frottis du tissu de sa robe de chambre sur le sol.

Parvenue dans le dos d’Aaron, elle passa une main tendre dans le dos de celui-ci et vint poser son front tout contre son épaule. Elle resta un long moment ainsi, suivant son regard, sans oser percer le coton silencieux de la nuit. Les larmes commencèrent à brouiller sa vue. Des larmes de rage, des larmes de haine, mêlées d’humiliation et de peur. Elle cherchait ses mots, des mots qu’il lui était douloureux de prononcer sans rien laisser transparaitre de son amertume ou de son angoisse.

- Ne devriez-vous pas songer à vous reposer, mon seigneur ? Il vous faudra toutes vos forces dans cette épreuve…

Au loin, dans la pénombre, les bannières au lion rugissant frémissaient sous une brise nocturne presque irréelle. Depuis plusieurs jours maintenant, éclairées par les brasiers de la soldatesque d’Haldreïn, des centaines, peut-être des milliers de tentes plantées sur le sol de Farelden comme autant d’outrages aux dieux et aux ancêtres de ce pays fier. Syanna avait conscience de l’absurdité certaine de son propos. Les Blackrain étaient en guerre. Quel repos pouvait-il y avoir lorsque le péril s’étendait à vos portes ? La dame n’ignorait rien de l’honneur qui animait son époux. Il ne plaçait rien en plus haute estime que la droiture et la valeur, le voilà poignardé dans le dos par la hyène de Cair Reigh.
Syanna avait peur de ce qu’il se passerait si les remparts de Denerim tombaient. Plus aucun de ses habitants ne serait en sécurité, reine ou garçon d’écurie, tous seraient probablement passés au fil de l’épée. Ou pis encore. Bien sûr elle craignait pour sa vie ou son honneur, mais plus encore elle tremblait pour la vie des siens. Si les femmes sont parfois épargnées, les hommes eux ne le sont jamais. Syanna avait donc tout à perdre. Elle ferma ses paupières, s’efforçant de toute son âme de ravaler ses sanglots. Reine elle était, reine elle demeurerait. Cela on ne le lui enlèverait pas.

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MessageSujet: Re: Dark times ahead || Aaron   Jeu 7 Juin - 19:43



Comment avait-il pu faire preuve d'autant d'ineptie, d'une telle cécité sur ce qui se tramait sur son propre territoire ? Affirmer que le souverain de Farelden avait l'âme corrodée par une rage sourde et noire serait un doux euphémisme, il en avait égaré son sommeil, son appétit, simplement son goût pour la vie. Ces étendards à la figure héraldique de fauve couronné, ceux qui virevoltaient au grès de l'aquilon et entouraient la cité de Denerim, le plongeaient dans une vésanie sans pareil. Il sentait son hémoglobine s'embraser à travers ses veinures, agonir à petit feu, face à l'impuissance qu'il ne pouvait que manifester. Depuis que le siège s'était installé aux pourtours de sa ville, Aaron n'était plus le même homme, plus le même monarque que le peuple clamait. Il était maculé de doutes, mortifié dans un sombre coin de sa demeure à ne faire que songer, étudier le terrain sous toutes ses perspectives, maudire le patronyme de ces chiens de Raleigh. Il le tuerait pour ses bravades et ornerait l'apogée de son trône à l'aide de la tête tranchée de Maekar, il s'en faisait le serment et réaliserait ce fantasme, tôt ou tard. Car non, jamais, ô grand jamais, un Blackrain ne courberait l'échine face à l'oppresseur. La mort était préférable à une telle opprobre, et le souverain acculé le savait, s'il devait perdre cette bataille, il y laisserait également la vie. Aucune reddition, pas une once de faiblesse ou de désespoir, il refusait de faire ce plaisir au bâtard qui ne demandait que cela. Le Grand Nord demeurerait fier, qu'importait le prix que cela coûterait, l'espérance de toute une population posait sur ses épaules et même en de telles circonstances, il se damnerait pour être digne de cette pesanteur.

Le temps passé dans ses appartements n'était guère plus synonyme de suavité conjugale ou d'introspection improvisée, seulement de souffrance aphone et lancinante. Même ses enfants n'osaient qu'à peine l'approcher, ses plus loyaux factotums craignaient chaque seconde à ses côtés – la peur que le souverain honore cette réputation qui le précédait : celle de son irascibilité. Combien d'objets s'étaient donc brisés entre sa poigne depuis ces dernières journées ? Son phonème tonitruait nuit et jour, faisant trembler d'effroi les parois de tout le palais. Aujourd'hui n'avait pas fait exception à la règle, Aaron s'était retiré à l'abri de toute présence si ce n'eut été celle de son épouse, déjà assoupie lorsqu'il était arrivé. Puis, comme à l'accoutumée, le sommeil n'avait pas daigné le gratifier de son étreinte – d'ailleurs, il n'avait pas même tenté de s'installer dans la chaleur de la couche royale. Non, il s'était simplement assis aux abords de l'anfractuosité murale, les prunelles rivées vers l'extérieur gélifié et sa contrée bigarrée de troupes ennemies. D'entières heures passées, à seulement contempler, avec le crépitement du feu comme seule mélodie. Ce fut ainsi que, absorbé dans les méandres de son esprit, il n'entendit pas la venue de Syanna dans son échine. Une caresse le surprit, il sentit sa chère et tendre s'installer contre son galbe, sans qu'il ne réagisse. Ses propos aussi avenants qu'ils purent être ne l'emplirent point de réconfort, et sitôt eut-elle clôturé sa phrase qu'il se détacha d'elle pour rejoindre l'intérieur de la pièce. Sa foulée le mena jusqu'auprès de l'âtre enflammé, devant lequel il s'immobilisa.

« Où est donc votre charmante sœur, celle même qui avance vous aimer d'un indicible amour fraternel... » Il laissa sa tirade en suspens, avant de se tourner vers sa reine. « Que fait votre puterelle de sœur si ce n'est fureter votre perdition avec la plus grande inertie ?! »

Dans sa voix avait point une éloquente rancoeur, la haine qu'il portait depuis tant d'années envers la représentante Adeney. Ce n'était pas tant l'inaction de cette dernière qui le contrariait, là encore, il préférait passer l'arme à gauche que de quémander l'aide de cette harpie. Mais le refus de Syanna à choisir son camp l'avait toujours agacé, la situation n'était donc qu'une allégation pour lui exprimer son aigreur. Un rien était apte à faire imploser Aaron qui était devenu, littéralement, impossible à vivre. Sa muse n'échapperait pas à son courroux, car il n'y avait nul innocent à ses yeux lorsque la colère l'aveuglait. Sa furia ne put que s'accroître lorsqu'il se remémora le récent banquet qui eut été donné en l'honneur d'Opitia - dire que tous ces infâmes avaient dormi sous son toit et partagé sa table... Et son cher cousin, le sire Heyward, qu'attendait-il pour venir lui prêter main forte ? Lui aurait-il, lui aussi, tourné le dos ? Désillusion, désappointement, qu'ils brûlent tous dans les géhennes. Les flammes qui réchauffaient l'atmosphère de la chambre révélèrent les traits cernés et creusés du roi de Farelden, une barbe plus fournie que d'ordinaire, un trop peu de noblesse qui ne lui ressemblait guère. Soudain, il approcha de la dryade, l'air vif, menaçant, le rapace prompt à fondre sur sa proie qu'il contraignit à reculer jusqu'au mur le plus proche. Bientôt, Aaron se trouva face à sa souveraine, qu'il toisa d'un air inquisiteur et bordé de bile.

« Qu'avez-vous fait dans cette histoire... » Un presque susurre, aussitôt rehaussé par le poing du suzerain qui s'écrasa contre le mur dans un grand fracas, si bien que l'on aurait pu subodorer qu'il y avait laissé quelques phalanges. « Quel est votre rôle dans tout cela, ma mie ?!! »

Il empoigna les hanches de Syanna, la conglomérant à lui en l'obligeant à soutenir son regard. Incontrôlé – incontrôlable, l'aigle s'enfonçait dans la paranoïa, allant jusqu'à soupçonner sa propre épouse de l'avoir trahi d'une quelconque façon, eusse été en rapport avec l'enlèvement de Markus ou le siège de Maekar.

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MessageSujet: Re: Dark times ahead || Aaron   Mar 19 Juin - 18:48


A peine se fut-elle lovée contre son sire, Syanna sentit celui-ci se dérober. Un sourire désabusé et triste vint ourler ses lèvres. Allons, bon, pourquoi en aurait-il été autrement ce soir ? Ce soir, ou pourtant elle aurait aimé sentir son corps amarré à celui de son aimé, à la manière d’une ancre dans la tourmente d’une mer démontée, priant pour un sursis avant que les vagues noires ne l’engloutissent. Sentant la tempête naitre dans la voix de son mari plutôt que venir du campement au-delà des murailles, Syanna, amère, se servit un gobelet d’eau claire afin de se rafraîchir, ou du moins, de contenir des mots malheureux menaçant de fuser sous les outrages d’Aaron à l’égard de sa sœur. Finalement, une fois qu’elle eut déglutit, d’un ton qu’elle espérait, en vain, moins sec , la dame concéda :

- Lady Adeney serait folle assurément de briser une alliance en chevauchant pour le salut d’un pair qui la tient en si peu d’estime. Il me plait à voir qu’elle règne avec raison, même vous devriez lui reconnaitre cela.

En vérité, la superbe de la reine tentait de dissimuler son amertume. Elle s’était prise à espérer le secours ou, à défaut même, le soutien moral de Cathlyn. Mais rien n’était parvenu et après des jours à attendre, le regard tourné vers le sud, elle n’attendait plus. Cathlyn l’aimait, de cela elle ne doutait point, mais tant des choses avaient changées depuis qu’elles se juraient un amour éternel sous les saules de leurs jardins florissants à Calenhaad, la veille du départ de l’aînée pour Nevarra et ses épousailles.

Elle en était encore à songer aux mots qu’elle pourrait employer, si elle venait à lui adresser une missive, afin de plaider en faveur des Blackrain lorsque le courroux d’Aaron se déchaina pour de bon contre elle. Etait-ce ses paroles précédentes ou bien était-ce une réflexion de plus longue date qui lui valait ce déferlement d’accusations ? Abasourdie, la reine demeura interdite, puis lorsque le poing de son époux vint s’écraser à quelques centimètres de son visage, Syanna tressauta et se raidit.
A quelques centimètres à peine de son visage, celui de son mari. La reine qui, quelques poignées de minutes à peine auparavant, était venue chercher et prodiguer du réconfort trouvait à présent cette intimité des plus inconfortables, le souffle chaud du seigneur sur sa peau, étouffant, ses yeux de glace plantés dans les siens, tranchants, la pression de son corps sur le sien, douloureuse.

Depuis plusieurs jours elle entendait sa voix de stentor s’appesantir sur tout un chacun qui avait le malheur de croiser sa route. Elle s’estimait chanceuse jusque là d’y avoir réchappé. Son tour n’avait pas été oublié, Aaron lui servit le couplet le plus saignant qu’il lui ait été donné d’entendre jusqu’alors. Pis encore, le regard qui la dévisageait s’efforçait avec tant d’impudeur de sonder les tréfonds de son âme qu’elle s’en sentit violée comme une donzelle à laquelle on ravit son innocence. Son cœur rata un bond, son souffle se figea et puis d’un coup son sang se mit à bouillir dans ses veines, menaçant à chaque instant de rompre et de l’envahir de rage et d’indignation. Sans faillir pourtant, la mâchoire de Syanna se crispa et elle redressa son menton dans un air de défi afin de ne pas céder à l’emprise du souverain qui la toisait.

- Qu’avancez-vous donc avec tant de fermeté, mon seigneur ? S'il est quelque reproche que vous ayez à faire à votre épouse et servante, je vous prie de parler pleinement et sans détour. Iriez-vous jusqu'à bafouer votre reine et son honneur après avoir maintes fois insulté son sang?

D’un geste vif, tempétueux, presque violent, la dame se dégagea de cet étau qu’Aaron avait crée pour l’emprisonner. Les Lully avaient beau avoir le chat pour emblème et souvent user et abuser de ruse pour parvenir à leurs fins, jamais nulle bouche n’aurait osé proférer à l’encontre de cette famille l’accusation de traitrise ou de trahison. L’honneur de son nom n’était pas le seul qui importait à Syanna, l’honneur de sa personne lui était tout aussi cher. Qu’avait-elle fait, elle, son épouse depuis plus de vingt ans, mère de ses enfants, pour attirer sur elle l’opprobre de telles suspicions ? C’était plus que son orgueil de femme aimante, dévouée et pourtant écartée, ne pouvait en supporter. Parvenue à instaurer quelques minuscules mètres de distance entre eux deux, Syanna tendit un doigt blanc vers le souverain :

- Prend garde, roi de Farelden, de te défier des tiens de la sorte. Car si, en vérité, ce sont les derniers jours de ta lignée, tu pourrais les affronter seul.

Le tutoiement n’était pas dans les usages du couple Blackrain et s’exprimant ainsi, drapée dans sa tenue de nuit immaculée et vaporeuse, sur laquelle cascadaient des boucles noires, Syanna ressemblait à un oracle. Que n’était-elle auprès de ses garçons qui malgré leur virilité encore jeune s’efforçaient de se composer une dignité de princes ? Son roi n’était plus que l’ombre de lui-même, héros déchu d’un mauvais lai aux rimes et aux accords sonnant faux. Dans la mine sombre d’Aaron, dans ses yeux fatigués, Syanna ne voyait plus celui qui, il n’y avait encore pas si longtemps, se dressait face au chien Raleigh venu secouer ses puces sous son propre toit. Où était le Phoenix qui déploie toute sa gloire dans un sursaut de renaissance ?

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